Quoi de mieux qu'une journée de fin de mois d'Août pour profiter du calme olympien de la montée du Gourguillon ?
Prendre le temps d'admirer la vue sur Lyon, le soleil déjà un peu rouge de la fin de journée (poser, aussi rapidement que possible son regard sur le campus universitaire qui brille au loin), les touristes de fin de saison qui se hâtent vers les
bouchons.
Non, ça n'a pas l'air pentu vu d'ici...
Cette montée, c'est tout un art de la descendre et aucune habitante de Lyon ne peut prétendre au titre de Lyonnaise émérite
sans avoir réussi à atteindre le bas chaussée de talons hauts. A faire une fois dans sa vie, pour voir.
Même le confort relatif d'une petite chaussure plate, espadrille ou BenSimon en tout genre ne ménage pas les pauvres
guibolles du voyageur téméraire qui, enchanté par l'aspect pittoresque de la ruelle, s'y engage afin de rejoindre la ville. Malgré les apparences, la montée du Gourguillon est bien pire à
descendre qu'à monter.
Ceci dit, après que la montée ait été descendue, et que les jambes se soient remises de leur aventure, le plus dur est fait et tout esprit en quête de magasinage est tellement émoustillé qu'il en oublie la terrible traversée du pont Bonaparte. Il faut donc s'arque-bouter sur ses jambes déjà affaiblies quelques minutes durant, afin de ne pas se laisser emporter par le vent, avant de rejoindre la Terre Promise.
Me voici donc plantée devant H&M, bousculée à tout va, effarée par la densité de population du magasin. Adieu réflexions
nostalgiques, calme verdoyant, et pensées bucoliques, me voilà devant le temple de la consommation excessive. Trêve de réflexion, l'image de l'adorable petite veste noire repérée la veille refait
surface, et me voilà lancée contre la foule, à arpenter les rayons telle un chasseur cherchant sa proie.
L'univers sans merci du magasinage finit par me projeter dehors, tout aussi désemparée qu'à mon arrivée, sans pour autant
m'avouer vaincue. Deuxième H&M, deuxième traque, et une veste enfin dénichée, presque arrachée des mains d'une concurrente.
